Le roi de coeur – Philippe de Broca, cinéaste de l’enfance

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Alors que la Cinémathèque Française avait programmé une rétrospective Philippe de Broca en 2015, accordant à ce réalisateur populaire une place au Panthéon cinématographique, Swashbuckler Films réédite cette semaine un des films les plus méconnus du cinéaste, Le roi de cœur (1966).

Avant d’évacuer Marville, en 1918, les Allemands dissimulent une charge d’explosifs devant la cathédrale. Avertis, les alliés chargent le soldat Plumpick d’en trouver la cachette. Arrivé en ville, tous les habitants ont déserté à l’exception des pensionnaires de l’asile d’aliénés.

Si ce film n’a pas l’aura et l’aboutissement de L’homme de Rio, on y retrouve la patte du cinéaste, sa grâce particulière et les thèmes qui agitent toute sa filmographie. Le cinéma de Philippe de Broca représente l’essence même de l’enfance, le flamboyant dont les aventures et l’exotisme nous extasiaient, le farceur aux cascades drolatiques, le populaire que l’on regardait à la télé avec nos parents. C’est surtout un cinéma où l’imagination est reine, où chaque parcelle du banal devient objet d’invention, comme aux mains d’enfants dans une cour de récréation. Ses personnage lunaires et fantasques, comme Antoine, premier double du réalisateur incarné par Jean-Pierre Cassel en 1960 dans Les jeux de l’amour, Le farceur, L’Amant de cinq jours, et plus tard, celui de François Merlin (Jean-Paul Belmondo) dans Le magnifique (1973), ne cessent d’agrémenter le quotidien, de remodeler la grisaille monotonie par leur fantaisie, leurs frasques et leur inventivité débridée.

On retrouve dans Le roi de cœur cette même dialectique entre réalité et imaginaire évoquée par Bernard Payen lors de sa présentation de la rétrospective à la Cinémathèque. Le soldat libérateur ouvre les portes de l’asile et la douce folie envahit la ville désertée. Les fous sont comme des enfants qui se déguisent, s’inventant des rôles et des histoires, se réappropriant l’espace urbain, chaque décor donnant lieu à un personnage à confectionner, à un costume à endosser. Les fous font l’acteur et les acteurs (et pas des moindres : Jean-Claude Brialy, Pierre Brasseur, Michel Serrault et Micheline Presle jubilent et nous enchantent) font les fous. Ils se font tour à tour acteurs et spectateurs, cherchant le spectacle, le déclenchant, le quémandant mais aussi metteurs en scène, créant un espace à leur mesure, un lieu clos de fiction, emportant les autres personnages dans leur scénario.

Réside dans cette mise en abyme tout le cinéma du réalisateur, qui se construit toujours devant nos yeux. Le magnifique en est l’exemple parfait : le cinéma s’y fait objet-matière, véritable pâte à modeler où le montage et la construction du récit se font et se défont devant les yeux des spectateurs.

La réplique finale du Roi de cœur, sorte de clin d’œil à Alberti, « Les plus grands voyages sont ceux qui se font par la fenêtre » semble l’étendard de cette vision. Le personnage de Jean-Claude Brialy rappelle le pouvoir illimité de l’imaginaire et, Philippe de Broca rappelle ainsi celui du cinéma, fenêtre-écran qui nous entraîne dans un monde de fiction perpétuelle.

Son cinéma est celui qui a animé notre enfance mais il est avant tout un cinéma de l’enfance du cinéma, une révérence à la naissance du Septième art, maniant sans cesse les références. Ses personnages ont toujours virevolté, sauté, couru, traversant l’espace et les plans dans un tourbillon joyeux et jubilatoire. Les fous libérés descendent la rue ouverte en déployant leur corps, en adoptant une posture, une caractéristique dans la marche et les mouvements qui les définissent, sans avoir peur de grossir le trait. L’invasion de la folie et de la fantaisie dans la ville se fait par cette circulation de ces corps, par une chorégraphie maîtrisée qui donne une impression d’un tohu-bohu, d’un désordre dansant, une mise en scène contrôlée pour faire naître l’incontrôlable que l’on retrouve dans Les tribulations d’un chinois en Chine. L’humour naît de cette traversée du corps dans l’espace, de ses démarches et ses chutes inspirées par le cinéma muet et burlesque. Le premier visage de Micheline Presle avant sa métamorphose rappelle d’ailleurs celui des grandes stars du muet. Le cinéma de Méliès est aussi au rendez-vous, les sauts périlleux et l’humour acrobatique se mariant avec la magie.

Cette bulle de fiction est une parenthèse enchantée contre la terrible réalité de la guerre. Les personnages ont conscience de cet espace créé hors du temps. Franchir les murs de la ville signifie quitter la fiction, aller de l’autre côté, celui de la mort et du réel. Le roi de cœur se révèle aussi être un pamphlet antimilitariste où la folie véritable n’est pas celle cloîtrée dans un asile mais celle de la guerre tout autour. Lorsqu’elle entre dans la ville, elle ne devient qu’un spectacle ridicule où les soldats s’effondrent comme des pantins. On retrouve ici le traumatisme vécu par Philippe de Broca lors de son expérience au Service cinématographique des armées au sein de la guerre d’Algérie. La voie cinématographique qu’il a alors choisie est celle de la légèreté et de la dérision pour lutter contre l’atrocité.

Rythme enlevé, couleurs flamboyantes, défilés tourbillonnants animés par la mélancolie de Georges Delerue (le compositeur de la Nouvelle Vague qui a accompagné de Broca dès ses débuts, tout comme le scénariste Daniel Boulanger) vous entraîneront joyeusement. Le roi de cœur est un film qui prône la fantaisie et la fiction, une ode à l’imaginaire et au cinéma qui ne peut que remuer le cœur des cinéphiles. Vous serez sans doute gagnés, comme Charles Plumpick, par cette folie douce.


Bande annonce:


Le roi de coeur
France – 1966
Date de ressortie: 25 janvier 2017
Durée: 1h42
Réalisateur : Philippe de Broca
Scénario et dialogues : Daniel Boulanger
Interprétation: Alan Bates, Pierre Brasseur, Jean-Claude Brialy, Geneviève Bujold, Adolfo Celi, Françoise Christophe, Julien Guiomar, Micheline Presle, Michel Serrault, Palau, Jacques Balutin, Madeleine Clervanne et Marc Dudicourt.
Directeur de la photographie : Pierre Lhomme (Eastmancolor/Techniscope)
Musique : Georges Delerue
Production : Philippe et Michelle de Broca (Fildebroc)
Distributeur: Swashbuckler Films – Tous droits réservés.